de l'arcade au salon, en version light

Final Fight

Avec Final Fight, Capcom propose du «lourd» à tous les fans de baston virtuelle, avec un soft présenté d’entrée de jeu comme la conversion parfaite de la borne d’arcade éponyme sortie en 1989 au Japon. Enfin, « conversion parfaite », c’est vite dit…

Un élu qui mouille sa chemise, c’est rare!

Final Fight Super Nintendo (screenshot 01)Avant d’entamer le test proprement dit, un petit aperçu du semblant de scénario s’impose. Tout le jeu se déroule dans Metro City, une ville imaginaire située aux USA durant les années ‘80/’90. Comme toute ville moderne, elle doit faire face à une criminalité galopante et aux problèmes liés aux guerres de gangs, avec en point de mire, celui des Mad Gears. Ses membres sont parvenus à enlever Jessica, la fille du maire, histoire de faire pression sur son cher «papa».

Final Fight Super Nintendo (screenshot 02)Mais notre élu, Mike Haggar, fort de son passé de lutteur professionnel, ne l’entend pas de cette oreille et descend immédiatement dans la rue pour aller récupérer sa fille. Dans cette expédition périlleuse au coeur des quartiers mal famés, il pourra compter sur ses poings, et aussi sur le petit ami de sa fille: un certain Cody, un beau gosse qui n’est pas le dernier quand il s’agit de distribuer des mandales.

Final Fight, un jeu incomplet ?

Final Fight Super Nintendo (screenshot 03)Si vous aviez cru déceler une pointe de cynisme dans l’intro de mon test, ne vous inquiétez pas: c’était voulu! Ce n’est pourtant pas mon habitude, mais là, il faut bien avouer que Capcom a, avec Final Fight, cédé un peu trop facilement au chant de l’argent facile, au risque de décevoir les fans, les «vrais» (comprenez par là, ceux qui auront tôt fait de comparer ce Final Fight Super NES avec la borne d’arcade dont il est issu). Je m’explique.

Final Fight Super Nintendo (screenshot 04)Premièrement, alors que la borne d’arcade vous laissait le choix entre Haggar, Cody et Guy, ici, vous ne pourrez opter que pour Haggar ou Cody. Guy, le troisième perso, est donc, pour d’obscures raisons, passé à la trappe. Par manque de place sur la cartouche? Peut-être (vu la cartouche de seulement 8Mb et le coût de la ROM à l’époque) mais peu probable. Surtout que certains softs concurrents proposent facilement trois ou quatre persos jouables sur une cartouche de taille identique. En fait, pour Final Fight, il y a de fortes chances que l’explication de cet «oubli» trouve son origine dans des considérations bassement commerciales.

Final Fight Super Nintendo (screenshot 05)En effet, Capcom proposera par la suite un Final Fight Guy dont la recette est on ne peut plus simple. On prend le même jeu, à l’identique. On remplace Cody par Guy (un perso qui, dixit Capcom, était tellement populaire qu’il était inévitable de sortir une seconde version du même jeu) et on obtient une raison toute trouvée pour obliger les fans à repasser à la caisse. Et ceci, sans parler du fait que cette nouvelle version ne corrige même pas les principaux défauts de son aînée (voir ci-dessous).

Final Fight Super Nintendo (screenshot 06)Ensuite, toujours au chapitre des faux pas, et non des moindres: l’absence de mode 2 joueurs. Ce point rejoint un peu le premier, dans le sens où on voit mal les raisons qui ont poussé Capcom à ne pas proposer un tel mode, si ce n’est sa méconnaissance, à l’époque, du hardware de la 16 bits. C’est d’autant plus regrettable que l’on a affaire à un beat-them-all, un genre où le mode 2 joueurs fait partie du strict minimum à proposer aux joueurs. C’est un peu suicidaire comme démarche… Enfin, pour clore ce chapitre en beauté, on épinglera aussi les dommages causés par la localisation du jeu, qui, comme bien souvent, dénaturent un peu plus l’oeuvre originale. À titre d’exemple, dans les versions US et européenne, toutes les références à l’alcool ont été «gommées».

Final Fight Super Nintendo (screenshot 07)Cela va de l’enseigne «bar» changée en «club», jusqu’à certains items pour se régénérer, modifiés eux aussi. On épinglera aussi certains sprites d’ennemis, remplacés par d’autres: c’est le cas pour les persos Poison et Roxy (dans la version jap’), remplacés par deux hommes punks haut en couleurs, Billy et Sid. Si ces modifications n’empêchent certes pas d’apprécier le jeu, elles font quand même un peu tache, surtout si vous avez eu l’occasion d’approcher la version japonaise sur Super Famicom.

Un gameplay accrocheur… mais perfectible

Final Fight Super Nintendo (screenshot 08)Il ne faut pas avoir fait math sup’ pour parvenir à manier un beat-them-all, et c’est tant mieux! Sur ce point, Final Fight ne déroge d’ailleurs pas à la sacro-sainte règle du « je tape constamment sur deux ou trois boutons ». Plus clairement, vous aurez un bouton pour sauter, un autre pour frapper, et les quelques combinaisons entre la croix directionnelle et ceux-ci feront le reste. C’est vous dire si l’action est clairement la priorité, avec des ennemis costauds et vicieux qui n’hésitent pas à vous frapper dans le dos.

Final Fight Super Nintendo (screenshot 09)Car c’est une des autres caractéristiques majeures de ce premier Final Fight: ses origines “arcade” en font, à la base, un soft difficile. Et ceci est d’autant plus vrai qu’à nouveau, à l’image d’autres éléments constitutifs du soft, les coups réalisables par nos deux héros ont fait l’objet d’une cure d’amaigrissement pour rentrer dans les 8Mb de la cartouche (suppression des coups de genou et des coups de tête). Ceci explique très certainement cela. De toute façon, arcade ou pas, les développeurs annoncent d’emblée la couleur, avec seulement 6 vies au compteur et 4 «continue». Pas plus, pas moins. Et croyez-moi: même si dit comme cela, ça peut vous paraître beaucoup, les vies et les “continue” défilent très très vite face à des ennemis qui ont du répondant et des gros boss balèzes et bien souvent armés. Et ne cherchez pas non plus un quelconque menu “options” pour régler la difficulté, il n’y en a tout simplement pas.

Un jeu qui a de la gueule… pour l’année 1992

Final Fight Super Nintendo (screenshot 10)Final Fight est un soft assez paradoxal, dans le sens où il fera souffler un vent de nostalgie chez les joueurs qui ont suivi de près sa sortie en 1992… et provoquera une certaine incompréhension quant à sa qualité chez les autres. Les premiers seront en effet les seuls capables de décrypter les quelques éléments qui, à l’époque, ont permis au titre de Capcom de créer le «buzz» (conversion pressentie comme plus ou moins fidèle par rapport à la borne d’arcade, sprites énormes pour un jeu sur console grand public, couleurs nombreuses qui en font un «beau» jeu sur la toute jeune Super NES…). Seule l’animation peut laisser dubitatif quand on s’y attarde un peu, avec des persos qui se déplacent de manière très «rigide» (mais bon, ça ne choque pas encore tellement) et surtout, plus grave, des ralentissements qui se font sentir à plusieurs endroits du jeu, même en mode «solo».

Final Fight Super Nintendo (screenshot 11)Les seconds, élevés à la PlayStation et autre, auront par contre du mal à comprendre pourquoi un tel soft a connu sa petite heure de gloire, et on ne pourra pas tout à fait leur donner tort. Les quelques éléments négatifs relevés dans ce test, couplés à l’arrivée rapide de softs concurrents qui faisaient bien mieux sur la même console, auront rapidement raison de ce premier Final Fight. Pour rester dans la course, Capcom proposera d’ailleurs deux autres “suites” (Final Fight 2 et Final Fight 3 pour ne pas les nommer) qui repousseront à chaque fois un peu plus les limites techniques de la Super NES, Capcom maîtrisant beaucoup mieux la console de Nintendo.

Final Fight Super Nintendo (screenshot 12)Fidèle à sa réputation, le développeur nippon jouera aussi un peu plus tard sur la fibre “nostalgique” des joueurs en ressortant son jeu sur Game Boy Advance (sous le titre Final Fight One), avec, pour l’occasion, les trois persos de la borne d’arcade originale, l’ajout du stage Industrial Area (présent sur la borne d’arcade originale, mais à nouveau, bizarrement absent de la version Super NES) et du mode 2 joueurs (possible via câble link). C’est donc une sorte de “mea culpa” à destination des fans, qui seront du coup ravis de refaire le jeu (complet!) sur leur console portable. Mais on peut aussi voir cette sortie comme un aveu de fainéantise de la part de Capcom, qui aurait très bien pu proposer la même chose à l’époque de la Super NES si il avait seulement pris le temps de peaufiner son jeu au lieu de le sortir dans la précipitation. Comme quoi, dans le monde du jeu vidéo, l’appel des liasses de billets est bien souvent le plus fort…

En conclusion

Final Fight arrachera une larme de nostalgie aux «vieux de la vieille» pour ce qu’il représentait à l’époque: un jeu d’arcade qui déboulait sur console de salon, et ce, sous une forme plus ou moins similaire à l’originale. Ça laissait forcément rêveur quant aux productions futures qui arriveraient sur une Super NES forcément de mieux en mieux maîtrisée avec le temps. Ceux-là auront fermé les yeux -de gré ou de force- sur les sapes effectuées par Capcom par rapport à la version arcade. Par contre, à l’heure d’aujourd’hui, le bilan est bien plus cruel, le temps ayant fait son oeuvre: avec ses 17 ans bien sonnés, ce Final Fight Super NES aura bien du mal à séduire les jeunes générations. Elles lui préféreront des titres plus aboutis, que ce soit sur Super NES ou sur d’autres consoles.

Note Finale
Technique – 7 /10

La Super NES donne un tout petit aperçu de ce qu’elle a dans le ventre: gros sprites et couleurs sont au rendez-vous, même si ça pixellise un peu. Par contre, l’animation marque le pas et des ralentissements se font sentir à plusieurs endroits du jeu.

Musique – 7 /10

Côté musique, on retrouve l’essentiel des morceaux de la borne originale. Les digits vocaux et autres cris sont utilisés à répétition et les bruitages sont d’assez bonne facture. Sur ce point, la Super NES s’en tire bien.

Gameplay – 7 /10

Difficile de faire plus basique : on martyrise les quelques boutons utilisés par le jeu. Les différents coups et combinaisons possibles sortent tout seuls. Bref, on s’éclate très rapidement.

Durée de vie – 7 /10

Final Fight, avec sa difficulté comme on en fait plus, laisse transparaître ses origines “arcade”. Arriver au bout du jeu se mérite, d’autant plus que Capcom est chiche en vies et “continue”.

Innovation – 7 /10

En arcade, Final Fight est devenu une borne mythique. Sur Super NES, il débarque donc avec le même bagage, mais sous une forme nettement bridée, la faute aux limitations de la Super NES (elle n’est pas une borne d’arcade!) et surtout, au manque d’expérience de Capcom sur le support.

En résumé
Malgré quelques grosses coupes par rapport à l’arcade, Final Fight a impressionné au moment de sa sortie.
7
Bon

Infos Pratiques
Développé par Capcom
Édité par Capcom
Sorti le 21.12.1990 (Japon)
Sorti en 09.1991 (USA)
Sorti en 1992 (Europe)
beat’em all
1 seul joueur
Cartouche de 8Mb
Pas de sauvegarde
Existe aussi en arcade
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
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