une exclu qui manque de charisme

Final Fight 2

Capcom est décidément trop sympa. Voyant que la Super NES s’était installée durablement dans le paysage vidéoludique, le développeur lui a concocté un épisode exclusif de sa désormais célèbre franchise beat-them-all: Final Fight. Ce sont les fans d’Haggar, Cody et Guy qui vont être content! Enfin… peut-être pas, puisque dans le casting de ce second épisode, seul le perso d’Haggar a été reconduit.

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 01)Après que Cody et ses amis aient mis le gang Mad Gear hors circuit à la fin du premier Final Fight, on peut dire que les choses étaient plus ou moins rentrées dans l’ordre dans la mégalopole Metro City. Haggar avait repris le train-train de sa fonction de maire. Guy était parti s’entraîner dans un endroit lointain, tenu secret. Quant à Cody et Jessica, nos deux tourtereaux, ils s’étaient envolés, direction le soleil, pour des vacances bien méritées.

Les loubards et les punks n’ont rien dans la tête

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 02)Mais malheureusement, comme vous devez vous en douter, tout n’est pas toujours aussi simple, et malgré la raclée qu’ils avaient pris précédemment, les membres restants du gang Mad Gear se sont regroupés sous les ordres d’un nouveau chef et n’ont pas tardé à refaire parler d’eux. Cette fois, en grands adeptes du kidnapping, ils ont enlevé la fiancée de Guy ainsi que le vieux père de cette dernière (qui, accessoirement, est aussi le mentor de Guy). Vous l’aurez compris: on est reparti pour un tour de castagne et de bourre-pifs gratuits « made in Capcom », en compagnie d’Haggar et, roulement de tambours, de deux petits nouveaux: Maki et Carlos.

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 03)La première est la soeur de la copine de Guy (vous suivez?). Rapide, souple et experte en combat, elle descend dans la rue pour sauver sa soeur et appelle Haggar en renfort. Le second, Carlos, est un perso efféminé, sortant d’on ne sait où, qui a comme particularité de porter un sabre (il s’en sert pour son coup spécial) et une combinaison bleue du plus bel effet (c’est ironique) qui lui colle à la peau. Et là, vous vous dites sûrement: Capcom est trop puissant! Ils ont donc décidé d’envoyer Cody et Guy aux oubliettes pour mettre deux nouveaux persos sur le devant de la scène, et ceci, pour la bonne cause: nous offrir un gameplay tout neuf.

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 04)Moi, sur ce point, je vous répondrai: pas si vite! Parce que, quand on regarde d’un peu plus près notre trio de combattants, on s’aperçoit malheureusement bien vite que peu de choses ont vraiment changé en terme de gameplay. Haggar reste fidèle à lui-même (lourdaud et cogneur, avec ses grosses prises façon catch), Maki est le perso le plus vif, mais elle donne aussi des coups moins percutants (elle est, à ce titre, le pendant de Guy dans le premier Final Fight), et Carlos est à mi-chemin entre les deux, soit, un bon perso de compromis (tout comme ce cher Cody dans le premier volet). D’où ma question: monsieur Capcom, à quoi ça sert de nous priver de Guy et Cody, si c’est pour nous refourguer des persos qui font grosso modo la même chose? La question mérite d’être posée… et elle restera probablement sans réponse.

Le crime: un fléau international

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 05)Avec ce second volet, le joueur que vous êtes ne sera plus limité aux seuls quartiers pourris de Metro City, puisque vous serez convié à un petit voyage autour du monde, histoire de casser du punk et du loubard dans des endroits connus du globe. Vous commencerez votre périple par Hong Kong, avec ses rues animées et très mal fréquentées. Vous enchaînerez ensuite avec la France (et un aéroport Charles de Gaulle pour le moins… méconnaissable), la Hollande et ses célèbres moulins à vent en toile de fond, la Grande-Bretagne, l’Italie et enfin le Japon.

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 06)Le fan de base remarquera aussi, au gré des stages, de petits clins d’oeil sympas insérés par les développeurs. On retrouvera ainsi Chun-Li en train de manger un bol de riz en arrière-plan (1er stage), ou encore des persos qui vous encourageront et qui vous feront furieusement penser à ceux du stage de Guile dans Street Fighter II, avion inclus (stage dédié à la France). Cette multitude de lieux différents n’apporte peut-être, en fin de compte, pas grand-chose, mais elle est bénéfique sur un point: on ne retombe pas dans les lieux communs du premier épisode. Je veux dire par là, dans le trip « quartiers mal famés en ruine et taggés »…

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 07)Si les lieux sont dépaysants, vos adversaires vous donneront par contre une impression de déjà-vu, une bonne partie d’entre eux provenant en droite ligne de Final Fight premier du nom (avec quand même un petit relooking au passage). Et, ô bonheur, ils n’ont pas perdu la sale habitude de se répéter tout au long du soft, tels des clones. Capcom aurait, sur ce point, pu imaginer une plus grande variété d’adversaires, ça nous aurait bien fait plaisir, surtout que les boss, eux, sont réussis. Enfin, le fan de base retrouvera aussi avec joie d’autres éléments propres à la série, comme les armes (finalement assez rares dans ce volet) et les items cachés dans des tonneaux ou des caisses de bois, ou encore le très fameux stage bonus dans lequel vous devrez démolir une voiture à coups de barre de fer.

Beau mais sans personnalité

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 08)Avec Final Fight 2, on remarque immédiatement la petite refonte graphique dont la série a fait l’objet. Car si dans le premier volet, les décors et -dans une moindre mesure- le chara design avaient opté pour un aspect unique, immédiatement identifiable (voire « crade », aux couleurs bien souvent ternes… conséquence probable du manque d’expérience de Capcom sur la machine), ici, les teintes choisies sont vives, bien choisies et sans bavures. Les persos adoptent des sprites finement dessinés qui leur vont bien et qui leur donnent un rendu, un fini nettement supérieur. Pour les décors, on en arrive à la même conclusion: les environnements sont variés, mieux fignolés, bien qu’en ce qui les concerne, cet aspect très « clean » est un peu en porte-à-faux par rapport au contenu du jeu: des casseurs, des punks et de gros boss musclés qui déambulent dans des rues en bon état, presque vierges de tags et de graffitis, c’est un peu incohérent vous ne trouvez pas?

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 09)Là où le tableau se gâte un peu, c’est du côté de l’animation, ce Final Fight 2 faisant du sur-place dans ce domaine. Malgré un léger mieux par rapport au premier opus, nos trois héros bastonneurs sont toujours aussi raides dans leurs déplacements, leurs mouvements n’étant pas très détaillés. Les coups qu’ils pourront sortir se comptent toujours sur les doigts d’une main (j’exagère à peine) et ne font pas non plus preuve d’une grande originalité. On reste cantonné aux deux boutons (saut et frappe), et la combinaison des deux permet de sortir le coup spécial.

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 10)Par contre, on remarquera quand même que les ralentissements (gros défaut du premier Final Fight) ont ici (quasiment) disparu. Pour illustrer musicalement vos séances de baston, vous aurez l’occasion d’écouter des compositions à l’esprit très « nineties ». Elles font aussi penser, si on tend un peu l’oreille, à celles que l’on entend dans d’autres softs de baston comme, tiens tiens… un certain Street Fighter II (normal, me direz-vous, on reste chez Capcom). Par contre, elles sont « passe-partout » et elles sont très loin d’atteindre le niveau des compositions de cet autre méga hit.

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 11)Bon. Maintenant, je me rends compte que depuis le début de ce test, je ne fais qu’énumérer des points plus ou moins négatifs. Alors, est-ce que tout est moyen dans ce Final Fight 2 ? Eh bien non ! Heureusement ! Outre l’aspect graphique plus moderne, la jouabilité se révèle ici aussi beaucoup plus agréable et plus précise que dans le premier Final Fight: les coups sortent facilement, l’action est dans le même temps plus nerveuse, et on progresse d’ailleurs plus aisément dans le jeu (chacun appréciera, en fonction de ses goûts, si ce dernier point est positif ou négatif). Capcom a aussi (enfin! diront certains) pensé aux joueurs ayant des amis, puisqu’un mode 2 joueurs est incorporé à la précieuse cartouche. Après un Final Fight et un Final Fight Guy uniquement jouables en solo, on commençait à désespérer.

Certainement pas un hit

Final Fight 2 Super Famicom (screenshot 12)De prime abord, on serait tenté d’adhérer à ce Final Fight 2, rien que pour son look plus réussi et sa jouabilité nettement plus abordable pour le commun des joueurs. Mais après quelques parties, on déchante assez vite: les mêmes ennemis se succèdent inlassablement face à votre perso, les environnements sont beaux mais manquent sérieusement d’originalité. On frappe, on avance, mais limite, on s’ennuie. Par rapport à l’aura dont avait bénéficié le premier opus, ce second épisode fait donc moins bien, avec un manque de charisme et d’innovation évident. Reste donc au final un titre acceptable sur le plan ludique, mais certainement pas un hit. Sur ces bonnes paroles, je vous donne rendez-vous dans une petite semaine pour le test du troisième et dernier Final Fight, ce qui nous permettra de voir si Capcom parvient à rendre sa série plus attrayante… ou pas.

Note Finale
Technique – 7 /10

Sur le plan visuel, les progrès sont évidents. Mais tel qu’il est présenté (plus coloré, plus travaillé), ce Final Fight 2 a peut-être aussi perdu une partie de son identité (de sa crédibilité?) en cours de route.

Musique – 5 /10

Il ne se passe pas grand-chose du côté des musiques. Rythmées, elles portent la patte "Capcom" et ne vous prémuniront probablement pas d’un sérieux mal de tête à force de les entendre en boucle.

Gameplay – 6 /10

Capcom n’a cette fois rien oublié: trois persos jouables, une difficulté réglable et un mode 2 joueurs. Final Fight 2 est aussi plus maniable, plus accessible, avec des coups qui sortent plus facilement.

Durée de vie – 5 /10

Ouch! Les niveaux s’enchaînent et parfois se survolent. Si vous utilisez en plus les crédits et que vous touchez à la difficulté dans le menu des options, Final Fight 2 ne vous résistera pas très longtemps.

Innovation – 4 /10

Loin de s’être remis en question, Capcom nous revient avec une formule éprouvée, mais il ne parvient pas à reproduire l’alchimie si particulière du premier épisode.

En résumé
Final Fight 2 fait bonne impression, mais au début seulement. Peu d’innovations, pas de charisme.
6
Moyen

Infos Pratiques
Développé par Capcom
Édité par Capcom
Sorti le 22.05.1993 (Japon)
Sorti en 08.1993 (USA)
Sorti en 1993 (Europe)
beat’em all
1 à 2 joueurs
Cartouche de 16Mb
Pas de sauvegarde
Existe sur rien d’autre
En vidéo
Consultez une sélection de vidéos en rapport avec ce jeu.
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